La « boîte noire » de l’injection plastique, enfin décodée
Vous avez passé des semaines, peut-être des mois, à perfectionner votre conception sur votre logiciel de CAO. La mécanique est brillante, chaque courbe est justifiée, chaque assemblage est validé. Mais voilà : cette pièce maîtresse, au cœur de votre produit, doit être produite en plastique. Et pas seulement une ou deux : des milliers, voire des millions.
Comment passe-t-on de ce fichier 3D, pur esprit numérique, à une pièce physique, tangible, fiable, et ce, sans exploser les budgets ni les délais ?
Pour de nombreux bureaux d’études et responsables de projets, le passage à l’industrialisation plastique ressemble à un saut dans l’inconnu. C’est une « boîte noire ». On vous parle soudain de « retassures », de « gauchissement », de « plans de joint » et de « dépouilles ». Et surtout, on vous présente un devis pour un bloc d’acier qui, à lui seul, représente l’investissement le plus angoissant de votre projet : le moule.
C’est une étape majeure à franchir. Comment justifier cet amortissement quand on doit se battre sur les coûts face à la concurrence, parfois venue de « marchés asiatiques », et qu’on ne sait pas encore précisément combien de produits on va vendre ?
Cet article est conçu pour vous. Notre objectif est simple : démystifier ce processus, de A à Z. Nous allons ouvrir cette « boîte noire » et vous guider, étape par étape, de votre idée à la pièce finie en série. Vous verrez, ce n’est pas de la magie, c’est un processus d’ingénierie rigoureux, une science de la transformation.
Voici les 7 étapes clés qui transforment un concept en un produit de série.
Étape 1 : Conception et faisabilité (L’art de « penser plastique »)
C’est l’étape la plus importante du processus. Plus importante que la presse, plus importante que le robot, et même plus importante que la matière première.
Pourquoi ? Parce que 90 % des défauts potentiels et une grande partie des coûts de production se décident ici, avant même que le premier copeau d’acier n’ait été coupé pour le moule.
En tant que Responsable de Bureau d’Études, vous êtes un expert en conception mécanique ou en design. Vous maîtrisez la RDM (Résistance Des Matériaux), l’assemblage et la fonctionnalité. Notre rôle, en tant que partenaire plasturgiste, n’est pas de refaire votre travail, mais de l’optimiser pour les contraintes spécifiques de l’injection. C’est ce que nous appelons « Penser Plastique ». Cette phase d’étude de la pièce et d’analyse de la faisabilité, qui valide votre conception pour l’industrialisation, dure en général 2 à 4 semaines. Nous analysons votre fichier CAO et nous nous assurons qu’il respecte les « règles d’or » de la plasturgie, tirées de notre savoir-faire et à retrouver dans nos fiches techniques.
Les « Règles d’Or » de la conception
Pour qu’une pièce soit injectable et fiable, elle doit respecter quelques principes physiques simples.
1. La règle de l’épaisseur constante
C’est la règle numéro un. Le plastique, en refroidissant dans le moule, se rétracte (c’est le « retrait »). Si une zone de votre pièce est très épaisse (disons 10 mm) et qu’une autre, juste à côté, est très fine (2 mm), elles ne vont pas se rétracter à la même vitesse ni de la même quantité. La zone épaisse, encore chaude et pâteuse, va être « tirée » par la zone fine, déjà rigide. Le résultat ? Un creux en surface, comme une petite « cuvette » sur la face de la pièce épaisse. C’est le défaut le plus courant : la retassure. C’est inesthétique et cela peut créer des contraintes internes. « Penser Plastique », c’est donc veiller à ce que votre pièce ait une épaisseur de paroi la plus uniforme possible.
2. La règle de la dépouille
Imaginez un gâteau magnifique, cuit dans un moule en métal aux parois parfaitement droites (à 90°). Maintenant, essayez de le démouler sans le casser. C’est impossible.
En injection plastique, c’est pareil. La « dépouille » est un très léger angle (souvent juste 1 ou 2 degrés) que l’on applique sur les parois verticales de la pièce. Cet angle, quasi invisible à l’œil nu, permet à la pièce d’être « éjectée » du moule sans frotter, sans être rayée, et surtout, sans être déformée ou cassée. C’est la garantie d’un démoulage propre, rapide, et qui n’abîme ni la pièce, ni le moule.
3. La règle des renforts (Nervures et Bossages)
Votre instinct d’ingénieur mécanicien, pour solidifier une plaque, est peut-être d’augmenter son épaisseur. « Penser Plastique », c’est faire l’inverse.
Une pièce épaisse est une pièce qui crée des retassures (voir règle 1), qui met longtemps à refroidir (donc qui coûte cher en temps de cycle) et qui consomme beaucoup de matière (donc qui coûte cher en matière).
La solution ? Garder une épaisseur de paroi fine et constante, et ajouter de la rigidité là où c’est nécessaire grâce à des nervures. Ce sont des renforts, un peu comme les arcs-boutants d’une cathédrale, qui vont donner toute la structure à votre pièce sans ajouter de surépaisseur massive. La règle est que la base de la nervure ne doit pas dépasser 40 à 60 % de l’épaisseur de la paroi qu’elle soutient, pour éviter… les retassures, encore elles !
Anticiper les défauts avant qu’ils n’existent
Cette première étape de conception est aussi celle où l’on anticipe les problèmes pour garantir la fiabilité de votre pièce.
- Le Gauchissement : Une pièce qui « vrille » ou « gauchit » après démoulage est une pièce qui a subi un stress interne terrible. Cela vient souvent d’un refroidissement non homogène ou d’une conception non équilibrée. Notre travail est de prévoir ces contraintes et de modifier le design (parfois de quelques dixièmes de millimètre) pour que la pièce reste parfaitement plane.
- Les Lignes de Soudure : Quand le plastique fondu remplit l’empreinte du moule, il peut devoir se séparer pour contourner un obstacle (comme un trou pour une vis) avant de se rejoindre de l’autre côté. Ce point de rencontre, c’est la « ligne de soudure ». Si cette ligne est mal placée (par exemple, dans une zone qui subira un effort mécanique important), elle peut être un point de faiblesse.
Le Point de Contrôle : La Simulation Rhéologique
Heureusement, nous ne naviguons pas à vue. Avant de passer à l’étape 2, nous validons toutes ces hypothèses grâce à la simulation numérique (ou rhéologie). C’est une injection « virtuelle » sur ordinateur. Nous injectons votre pièce dans un logiciel qui nous montre exactement comment la matière va s’écouler, où seront les lignes de soudure, quelles zones seront difficiles à remplir, et où sont les risques de retassures ou de gauchissement.
C’est l’assurance, pour vous et pour nous, que votre conception est fiable et industrialisable avant de lancer le coûteux usinage du moule.
Étape 2 : L’outillage (Le moule : votre investissement le plus stratégique)
Nous y voilà. L’étape 2 est celle qui cristallise toutes les craintes : la fabrication de l’outillage, ou « moule ». C’est votre investissement le plus stratégique, et c’est souvent le point de douleur numéro un pour un bureau d’études. Un moule « prototype » en aluminium, conçu pour quelques centaines de pièces, peut coûter quelques milliers d’euros. Un moule de production en acier traité, multi-empreintes, conçu pour des millions de cycles, peut atteindre des dizaines, voire des centaines de milliers d’euros.
Pourquoi ce coût ?
C’est la réponse directe à l’objection des « marchés asiatiques ». Un moule n’est pas un simple bloc d’acier percé. C’est une machine-outil de très haute précision, usinée au centième de millimètre, conçue pour :
- Résister à des pressions d’injection de plusieurs centaines de bars.
- Supporter des forces de verrouillage de plusieurs centaines de tonnes à chaque cycle.
- Gérer des chocs thermiques constants (passer de 250°C à 40°C en quelques secondes).
- Produire une pièce identique, des millions de fois, sans usure.
Un moule « low-cost » s’usera vite, produira des pièces non conformes (bavures, hors cotes) et nécessitera une maintenance constante, arrêtant votre production. Un moule de qualité, fabriqué dans les bons aciers (voir notre Fiche 4.2), est un investissement initial plus élevé, mais il garantit la fiabilité, la qualité constante et la longévité de votre production. C’est la différence fondamentale entre le coût d’achat et le coût total de possession.
Le Lexique du Moule
Pour démystifier cet objet, voici ses composants clés, basés sur notre fiche technique dédiée :
- Côté A (Partie Fixe) / Côté B (Partie Mobile) : Un moule est toujours en deux moitiés. La « Partie Fixe » (Côté A) est celle qui reçoit le plastique fondu depuis la buse de la presse. C’est souvent elle qui forme la « belle face » (esthétique) de votre pièce. La « Partie Mobile » (Côté B) est celle qui recule pour ouvrir le moule et qui contient le système d’éjection.
- Empreinte : C’est le « négatif » de votre pièce. C’est la cavité, usinée avec une précision extrême, qui va donner sa forme au plastique. Un moule peut avoir une seule empreinte (mono-empreinte) ou plusieurs (multi-empreintes) pour produire 2, 4, 8, ou même 64 pièces à chaque cycle.
- Éjecteurs : Une fois la pièce refroidie, comment sort-elle ? Ce sont les « éjecteurs », de petites broches (tiges) métalliques situées dans la Partie Mobile (Côté B) qui s’avancent et poussent la pièce hors de l’empreinte pour la libérer.
- Tiroirs (pour les Contre-Dépouilles) : Vous vous souvenez de la « dépouille » (l’angle pour démouler) ? Que faire si votre pièce a un trou sur le côté, ou un clip qui s’accroche ? C’est ce qu’on appelle une « contre-dépouille » (un obstacle au démoulage droit). Pour réaliser cela, le moule a besoin d’une pièce mobile supplémentaire, un « tiroir », qui se déplace latéralement pour libérer le trou avant que la pièce ne soit éjectée. C’est ce qui rend un moule complexe, ingénieux… et coûteux.
Le point d’injection : La « porte d’entrée »
Où le plastique va-t-il entrer dans l’empreinte ? Cette décision, prise en Étape 1, conditionne le design du moule. C’est le « point d’injection ». Il laisse toujours une petite marque (la « carotte » ou « seuil d’injection »).
- Injection directe (ou « en nappe ») : Simple, efficace, idéal pour remplir de grandes pièces, mais laisse une marque plus visible.
- Injection « sous-marine » (ou « en tunnel ») : Le canal d’alimentation passe « sous » le plan de joint et la carotte est « cassée » automatiquement au démoulage. C’est plus discret, plus propre, et idéal pour une production automatisée sans intervention humaine.
La chronologie de cette étape est la plus longue de votre projet. Après l’étude du moule (2-4 semaines), sa réalisation (usinage, polissage, assemblage, traitement) prendra de 5 à 12 semaines, voire plus, selon sa complexité. C’est une étape incompressible qui demande de la patience.
Étape 3 : Le choix de la matière (Le « casting » de la star de votre pièce)
Le « théâtre » (le moule) est prêt. Il est temps de choisir l’acteur principal : la matière première.
Pour un ingénieur mécanicien habitué à l’acier, à l’inox ou à l’aluminium, la jungle des polymères peut être intimidante. Il existe des milliers de références.
Notre méthodologie est simple : ne partez pas de la matière, partez de votre besoin.
Pour bien choisir, il faut répondre à un cahier des charges précis :
- Contraintes mécaniques : Quelle résistance au choc ? À la flexion ? À la traction ? Doit-elle être rigide ou souple ?
- Contraintes thermiques : La pièce sera-t-elle sous un capot moteur à 120°C ? Ou dans un congélateur à -20°C ?
- Contraintes chimiques : Sera-t-elle en contact avec de l’huile, des graisses, des détergents, de l’essence ?
- Contraintes spécifiques : Doit-elle être transparente ? Ignifugée (norme UL) ? Apte au contact alimentaire (norme FDA) ?
- Contrainte de coût : Et bien sûr, le prix.
Une fois ce portrait-robot établi, on peut « caster » le bon polymère.
Les deux grandes familles
Pour simplifier, il y a deux grandes familles de thermoplastiques :
1. Les Matières de Commodité (Fiche 3.2)
Ce sont les « acteurs de tous les jours ». Fiables, très économiques, produits en très grands volumes, ils couvrent 80 % des applications courantes.
- PP (Polypropylène) : Le champion de la souplesse et de la résistance. Pensez aux pare-chocs de voiture, aux boîtes de rangement (type Tupperware), aux bouchons de bouteille. Il a une excellente résistance chimique et peut former des « charnières intégrées » (le couvercle de la boîte de Tic-Tac) qui supportent des millions de pliages.
- PE (Polyéthylène) : Le plus « simple » et le plus courant. Pensez aux bidons, aux flacons de shampoing, aux jouets. Très bonne inertie chimique, mais un peu moins « mécanique » que le PP.
- PS (Polystyrène) : Le rigide et cassant dans sa version « cristal » (le boîtier de CD transparent). Ou le « choc » (plus opaque) pour les carcasses d’électroménager ou les pots de yaourt.
2. Les Matières Techniques (Fiche 3.3)
Ce sont les « cascadeurs » de haute performance. Plus chers, ils possèdent des propriétés mécaniques ou thermiques exceptionnelles, capables de remplacer le métal dans de nombreuses applications.
- PA (Polyamide, ex: « Nylon ») : La star de la mécanique. Excellente résistance à l’abrasion, à l’usure et à la chaleur. Pensez aux engrenages en plastique, aux pièces sous capot moteur, aux roulettes de chaise de bureau.
- PC (Polycarbonate) : Le « transparent » indestructible. C’est le roi de la résistance au choc. Pensez aux visières de casque, aux phares de voiture, aux boucliers de police.
- ABS (Acrylonitrile Butadiène Styrène) : La brique de Lego! C’est le polymère de l’équilibre parfait : bonne rigidité, très bonne résistance aux chocs, et très bel aspect de surface (brillant). Idéal pour les boîtiers électroniques, les capotages d’imprimantes, les jouets.
Pour vous aider à y voir plus clair, voici un « Guide de Survie » des matières les plus courantes que nous transformons chez BG Plastic :
Guide de Survie des Matières Plastiques Clés
| Matière | Type | Propriété Clé | Usage Typique | Coût Relatif |
| PP (Polypropylène) | Commodité | Souple, Résistant (charnière) | Boîtes de rangement, Pare-chocs | € |
| PS (Polystyrène) | Commodité | Rigide, Aspect (cassant si ‘cristal’) | Pots de yaourt, Boîtiers CD | € |
| ABS | Technique | Équilibré, Bon au choc, Bel aspect | Briques Lego, Capots d’imprimante | €€ |
| PA (Polyamide) | Technique | Mécanique, Résistant à l’usure/chaleur | Engrenages, Pièces moteur | €€€ |
| PC (Polycarbonate) | Technique | Très haute résistance au choc, Transparent | Visières de casque, Phares auto | €€€€ |
Étape 4 : L’injection (Le cœur du réacteur)
Nous y sommes. Le moule (Étape 2) est installé et verrouillé dans la presse à injecter. La matière (Étape 3), sous forme de granulés, est séchée (si besoin) et versée dans la trémie (le grand entonnoir au-dessus de la machine). L’opérateur (ou régleur) a rentré les centaines de paramètres du programme.
Appuyons sur « Start ». C’est le début du cycle d’injection.
Ce qui se passe à l’intérieur de la machine, le « cœur du réacteur », est un processus en deux temps :
1. La Fonte (Plastification)
Les granulés de plastique tombent de la trémie dans un « fourreau » (un cylindre chauffant). À l’intérieur de ce fourreau se trouve une vis sans fin (imaginez un grand tire-bouchon ou un hachoir à viande). Cette vis tourne sur elle-même.
En tournant, elle fait deux choses :
- Elle « malaxe » les granulés et les transporte vers l’avant.
- Elle les chauffe, à la fois par les parois du fourreau (chauffage externe) et par la friction des granulés entre eux (cisaillement).
Le plastique n’est pas « brûlé » ; il est « ramolli ». Il passe de l’état solide à un état pâteux, visqueux, comme du miel très chaud. C’est la « fonte des granulés ». La vis recule au fur et à mesure qu’elle accumule devant elle la bonne « dose » de matière fondue nécessaire pour remplir la pièce.
2. L’Injection (Remplissage)
Une fois la bonne dose prête, la vis arrête de tourner. Elle va maintenant agir non plus comme un tire-bouchon, mais comme un piston de seringue.
D’un coup sec et extrêmement rapide (souvent moins de 2 secondes), la vis avance et pousse cette « dose » de plastique fondu à très haute pression (des centaines de bars) à travers la buse, dans les canaux du moule, et enfin, dans l’empreinte. C’est « l’injection du plastique fondu dans le moule ». Une fois l’empreinte remplie, la presse maintient une « pression de maintien » pendant quelques secondes. C’est crucial : cela permet de compenser le retrait du plastique (qui commence à refroidir) en « tassant » un peu plus de matière, et d’éviter ainsi les retassures vues à l’Étape 1.
C’est là que réside le savoir-faire de nos régleurs. La vitesse d’injection, la température de la matière, la pression de maintien… chaque paramètre est réglé au dixième près pour s’adapter à la matière, à la géométrie de la pièce et au moule.
Étape 5 : Le refroidissement (L’épreuve de la patience… et de la précision)
La pièce est injectée. L’empreinte est pleine. Et maintenant ? On attend.
C’est l’étape 5 : le refroidissement. Et c’est, de loin, l’étape la plus longue de tout le cycle. Elle représente souvent 60 % à 80 % du temps total du cycle.
Le plastique est entré dans le moule à plus de 200°C (selon la matière). Il doit maintenant « figer » pour devenir suffisamment solide et être démoulé sans se déformer. C’est le « refroidissement de la pièce dans le moule ».
Si on va trop vite (en ouvrant le moule trop tôt), la pièce est encore « molle » et se déformera à l’éjection. Si on est trop lent, on attend pour rien et on perd de l’argent (le coût de la pièce est directement lié au temps de cycle).
C’est là que la conception du moule (Étape 2) révèle toute son ingéniosité. Un moule n’est pas un bloc d’acier plein. Il est parcouru, de part en part, de dizaines de circuits de refroidissement. De l’eau (ou de l’huile pour les hautes températures), dont la température est contrôlée au degré près par un thermorégulateur, circule en permanence dans l’acier du moule, au plus près de l’empreinte.
C’est la « climatisation interne » du moule. C’est cette régulation (Fiche 4.4) qui permet de dissiper les calories du plastique fondu de manière rapide et, surtout, homogène.
Pourquoi homogène ? Parce que c’est le moment où l’on boucle la boucle avec l’Étape 1.
- Une retassure est une zone (souvent une surépaisseur) qui a refroidi trop lentement par rapport au reste de la pièce.
- Un gauchissement est une pièce dont les différentes parties (par exemple, le centre et les bords) ont refroidi à des vitesses différentes, créant des tensions internes qui la « vrillent » à la sortie.
Maîtriser le refroidissement, c’est maîtriser la stabilité dimensionnelle, la conformité esthétique, et la fiabilité de votre pièce.
Étape 6 : L’éjection (La naissance de la pièce)
Le temps de refroidissement (Étape 5) est terminé. Le plastique est enfin figé et solide.
Une séquence mécanique rapide se met en place :
- Ouverture : La presse ouvre le moule. La Partie Mobile (Côté B) recule, emportant la pièce avec elle (qui est « accrochée » dans l’empreinte ou sur les noyaux).
- Tiroirs (si besoin) : Si votre pièce avait des contre-dépouilles (Étape 2), les tiroirs hydrauliques ou mécaniques se retirent maintenant pour libérer les trous latéraux.
- Éjection : Les « éjecteurs » (ces tiges métalliques vues à l’Étape 2) s’avancent d’un coup sec. « Pop! » Ils poussent la pièce hors de l’empreinte et la libèrent. C’est le « démoulage de la pièce finie ».
- Récupération : La pièce tombe dans un bac de réception ou, de plus en plus souvent, un robot manipulateur vient la saisir avec une main de préhension (une ventouse ou une pince) pour la déposer délicatement sur un tapis roulant ou la mettre en carton.
Pendant que le robot s’occupe de la pièce, le moule se referme, la vis recommence à tourner pour préparer la « dose » suivante (Étape 4), et le cycle recommence. Un cycle complet, selon la taille de la pièce et le temps de refroidissement, peut durer de quelques secondes à plus d’une minute.
Étape 7 : Le contrôle qualité et la finition (L’assurance zéro défaut)
La pièce est née (Étape 6). Mais est-elle « conforme » ? C’est la dernière étape, mais c’est celle qui a le plus de valeur pour vous, en tant que responsable de projet qui avez besoin de fiabilité.
Finition et parachèvement
Souvent, la pièce qui sort de la presse (dite « brut de presse ») n’est pas le produit final. Il peut y avoir des opérations de parachèvement (ou finition) :
- Assemblage / Soudure : On peut assembler plusieurs pièces injectées entre elles, par exemple par soudure ultrason (pour un boîtier étanche) ou par clipsage.
- Marquage : On peut ajouter un logo par tampographie, un numéro de série par marquage laser, ou des informations par jet d’encre.
Le contrôle qualité : La promesse de fiabilité
Chez BG Plastic, la qualité n’est pas un poste de coût, c’est un ADN. Elle n’est pas vérifiée qu’à la fin ; elle est pilotée tout au long du processus, depuis l’Étape 1. Mais le contrôle final est la garantie que nous vous livrons ce que nous avons promis.
Comment contrôle-t-on une pièce plastique ?
- Contrôle visuel : C’est la base. L’opérateur ou le contrôleur qualité examine la pièce. Est-elle belle ? Y a-t-il des bavures (un petit surplus de plastique au plan de joint, signe que le moule ferme mal ou que la pression est trop forte) ? Y a-t-il des retassures (creux) ou des « brûlures » (matière dégradée) ?
- Contrôle dimensionnel : C’est là que l’ingénieur en vous est rassuré. Nous utilisons des outils de mesure de précision (pied à coulisse, projecteur de profil, colonne de mesure) et de plus en plus des machines de mesure 3D (optiques ou à palpage) pour vérifier que vos cotes critiques sont respectées, au centième de millimètre près.
- Le Gabarit « GO / NOGO » : C’est l’outil « fun » et infaillible du contrôle qualité en production. C’est un gabarit que nous fabriquons sur mesure, qui est le « négatif » de votre pièce ou de son assemblage. Si la pièce est « GO » (elle rentre parfaitement dans le gabarit), c’est bon. Si elle est « NOGO » (elle ne rentre pas ou force), elle est hors tolérance. C’est rapide, binaire, et 100 % fiable pour un contrôle en bord de presse.
- Tests fonctionnels : La pièce s’emboîte-t-elle correctement avec sa contre-pièce ? Le clip « clique »-t-il comme prévu dans votre CAO ? C’est le test en conditions réelles.
- La Traçabilité : C’est notre engagement final. Chaque production, chaque carton est tracé. Si vous rencontrez un problème sur un de vos produits dans 6 mois, nous sommes capables de remonter l’historique de la pièce défectueuse, de retrouver le lot de matière première utilisé, les réglages machine de ce jour-là, et les contrôles effectués. C’est cela, la qualité industrielle.
Les 7 étapes d’un partenariat réussi
De l’optimisation de votre conception (Étape 1) à l’ingénierie du moule (Étape 2), du « casting » de la matière (Étape 3) à l’injection (Étape 4), en passant par la maîtrise du refroidissement (Étape 5), de l’éjection (Étape 6) et du contrôle final (Étape 7), vous l’avez vu : l’injection plastique est un processus d’ingénierie complet et complexe.
Le succès de votre projet ne dépend pas d’une seule étape, mais de la maîtrise parfaite de toutes les étapes, et de la façon dont elles s’influencent mutuellement.
Choisir BG Plastic, ce n’est pas choisir un « injecteur » (un simple exécutant qui attend votre fichier 3D). C’est choisir un partenaire. C’est choisir l’expert en plasturgie qui vous accompagne dès l’Étape 1 pour fiabiliser votre conception, qui vous aide à optimiser votre investissement moule (Étape 2) pour concurrencer tous les marchés, et qui vous garantit la fiabilité et la qualité de vos pièces en série (Étape 7).
Vous voulez garder ce guide sous la main ? Téléchargez notre fiche récapitulative des étapes clés du processus d’injection.
Prêt à transformer votre idée CAO en pièce finie fiable ? Demandez un devis à nos experts pour analyser la faisabilité de votre projet.


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